Intelligences animales et végétales - Cycle de rencontres

S’inspirer de la nature : de la pharmacologie à l’architecture

Découvrons comment la nature peut être une source d’inspiration pour les Hommes dans des domaines aussi spécifiques que la pharmacologie et l’architecture !

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Crédit : Jean Michel KRIEF

Savez-vous comment les chimpanzés se soignent ? En mangeant des feuilles, des fruits et même de l’écorce ! Venez rencontrer Sabrina KRIEF, professeure au Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN) et découvrir que, tout comme nous, le chimpanzé est capable de prévenir ou de limiter la progression des maladies, mais il ne se sert que des éléments naturels de son environnement...

Et si l’habitat du futur était inspiré par la nature ? De nombreux architectes se penchent déjà sur la question pour concevoir des habitats plus “écologiques”. Christian TAMBURINI, directeur de recherche à l’Institut Méditerrannéen d’Océanologie (MIO - OSU Institut Pythéas / CNRS-IRD-AMU) et Olivier BOCQUET, architecte et directeur de Tangram Lab ont ainsi collaboré pour imaginer un projet d’habitat marin ...

La nature se façonne depuis des millions d’années alors que nous, Homo sapiens, ne sommes là que depuis 200 000 ans. L’évolution a donc permis à toutes les espèces une adaptation sans pareil à leur environnement ! Pourquoi ne pas s’inspirer de l’évolution ? Ainsi les produits du biomimétisme (s’inspirer de la nature pour innover ou résoudre des problèmes) sont présents tout autour de nous, le velcro est inspiré du végétal, le TGV japonais du martin-pêcheur, les GPS des colonies de fourmis…
Nous vous invitons donc le 25 mai à découvrir comment l’Humain peut s’inspirer de la nature en partant de deux domaines aussi spécifiques que la pharmacologie et l’architecture !

Pouvons-nous parler d’intelligence de la nature ? S’inspirer de la nature pourrait-il être une clé vers un environnement plus soutenable ? Nous vous invitons à en débattre à l’issue de ces interventions...

Intervenants

  • Sabrina KRIEF,
    Professeure au Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN)

« Je suis à 98.8% chimpanzé... Depuis près de 20 ans, j’explore ce que signifie cette proximité génétique en étudiant les grands singes dans la forêt ougandaise. J’ai percé quelques uns de leurs secrets et je sais aujourd’hui par exemple qu’ils utilisent des plantes médicinales, des outils, qu’ils ont des cultures… Mais il me reste tant à découvrir. En aurai-je le temps ? Les chiffres sont terriblement inquiétants et ce que j’observe sur le terrain également. D’ici 20 ans, les populations de chimpanzés sauvages pourraient avoir disparu ou ne plus être viables. Là-bas, ils sont chassés, leurs forêts sont détruites, dans le but d’y planter du thé, des palmiers à huile, du cacao ou de la canne à sucre. C’est bien ici qu’on consomme sans y penser leur habitat… Pour que les chimpanzés puissent nous révéler les incroyables ressources médicinales de la forêt tropicale, nous pouvons agir. Et ne pas laisser disparaître ces fabuleux cousins dans l’indifférence ! »

Résumé d’intervention :

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Les chimpanzés sont nos plus proches parents. Ils utilisent des outils, ont des cultures, sont capables d’empathie, ont des capacités cognitives et une mémoire associative étonnantes. Sont-ils capables d’utiliser des plantes médicinales pour améliorer ou maintenir leur santé ? Et si oui, quelle est l’étendue de leur pharmacopée ? Après avoir découvert que les chimpanzés orphelins du Congo faisaient usage de plantes médicinales, nous nous sommes lancés avec Jean-Michel, mon mari, photographe dans ce vaste projet d’explorer l’automédication des chimpanzés sauvages dans le parc national de Kibale en Ouganda. Depuis 20 ans, nous avons mis à jour de nouvelles molécules à partir des plantes consommées qui peuvent être utiles pour la médecine humaine. Ces découvertes peuvent également contribuer à préserver les savoirs locaux et l’écosystème extraordinaire et si fragile qu’est l’habitat des grands singes. Pour sauver les grands singes de l’extinction, nous avons besoin de nous mobiliser pour réduire notre impact sur les forêts tropicales.

  • Christian TAMBURINI,
    Directeur de recherche à l’Institut Méditerrannéen d’Océanologie (MIO - OSU Institut Pythéas / CNRS-IRD-AMU)

Initié très tôt à la mer, Christian Tamburini s’intéresse à la biologie et à l’écologie marine. Après une thèse en océanographie à Marseille et un post-doctorat en Sicile, il intègre le CNRS et est depuis 2011 Directeur de Recherche au CNRS au sein de l’Institut Méditerranéen d’Océanologie. Son sujet de recherche principal concerne le milieu océanique profond et en particulier le rôle des microorganismes vivant dans des conditions extrêmes (haute pression, faible température et faible accès à la matière et l’énergie). Presque par hasard, il commence à s’intéresser à la bioluminescence dans le cadre du projet du télescope ANTARES. Ce phénomène de bioluminescence coûteux en énergie dans un environnement hostile est une énigme qui le fascine. Plus récemment, il tisse des liens originaux avec le Tangram Lab et Olivier Bocquet pour chercher à utiliser de manière cohérente cette bioluminescence dans le cadre architectural.

  • Olivier BOCQUET
    Architecte et directeur de Tangram Lab

Emerveillé par l’Espace, la Nature et le dessin depuis toujours, Olivier Bocquet s’intéresse autant à la beauté sensible des choses qu’aux réponses que la science tente d’apporter. Issu de l’Ecole d’Architecture de Marseille Luminy, il dirige depuis 2013 le Tangram Lab, labo de Recherche & Innovation de Tangram Architectes. Convaincu de la nécessaire refonte du métier d’architecte par l’innovation, il puise son inspiration dans le génie infini de la Nature. Pour cela, il tisse des relations avec la recherche scientifique et mène ses recherches architecturales comme autant d’opportunités de multiplier les relations symbiotiques entre homme, environnement et cadre bâti. Fondés sur le développement d’outils émergents qui facilitent une approche interdisciplinaire et agissant de la macro échelle au détail constructif dans une approche globale, les travaux du Lab s’articulent autour de projets, prospectifs ou construits.

Résumé d’intervention :

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Après une présentation du Tangram Lab et du MIO, Olivier Bocquet et Christian Tamburini partageront leur collaboration engagée depuis bientôt 3 ans et se traduisant par une thèse doctorale intitulée "BiolumArchi, la bioluminescence appliquée à l’architecture : un phénomène biologique fascinant au service d’un habitat durable méditerranéen". Ce travail de recherche architecturale et scientifique oscille entre expériences en laboratoire et projets prospectifs dont "BiolumReef, un récif bioluminescent éco-vertueux", a été récemment lauréat du prix coup de cœur du concours international "Architecture et Innovation pour la Mer" , organisé par la Fondation Rougerie / Institut de France. Basé sur la sensibilité et la sensibilisation au monde marin, BiolumReef sera abordé dans sa dimension biomimétique :
- Impact positif sur la biodiversité favorisant les échanges écosystémiques (circuit ouvert)
- Vie autonome et durable grâce à un cercle vertueux dans lequel les déchets deviennent des ressources (circuit fermé)
- Economie de matière et multifonctionnalité

Rendez-vous le 25 mai à 18:30 à la Fabulerie,

10 boulevard Garibaldi 13001 Marseille
Lieu : La Fabulerie
Adresse :

10 boulevard Garibaldi 13001 Marseille