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Les belles histoires de science

Jean-Louis Pons, l’« aimant » des comètes

Jean-Louis Pons : Un destin exceptionnel

Rien ne prédestinait Jean-Louis Pons, dixième enfant dans une fratrie de onze, à devenir une figure incontournable de l’astronomie. L’aimant des comètes nait en 1761 au sein d’une famille modeste. En 1789, Jean Louis Pons quitte la maison familiale pour Marseille où il apprend à lire et à écrire. A 28 ans, l’homme obtient le poste de Concierge à l’Observatoire Royal de la Marine, au quartier des Accoules. Il ne sait pas encore que son destin sera exceptionnel.

L’enseignement de Jean-Louis Pons

Arrivé à l’Observatoire Royal de la Marine, Jean Louis Pons s’intéresse à l’astronomie et reçoit l’enseignement de deux directeurs : Guillaume de Saint Jacques de Sylvabelle jusqu’en 1805 et Jacques-Joseph Thulis, de 1805 à 1810. Grâce aux leçons passionnantes de ces deux hommes, Pons se perfectionne très vite en astronomie et atteint rapidement les capacités nécessaires à la découverte des comètes.

Tableaux Jean-Louis Pons

La lunette astronomique de Pons

Lunette dite de Pons {PNG} En 1801, sous la direction de Guillaume de Saint Jacques de Sylvabelle, Jean-Louis Pons décide de fabriquer sa propre lunette astronomique. Il la dote notamment d’une petite astuce : des encoches tous les 3° sur le cercle de déclinaison permettant de faire un balayage rapide du ciel. Il polit lui-même la lentille et fabrique un tube en carton qui repose lui-même sur un pied de bois plutôt instable. De plus, la moitié de l’objectif est couvert par un diaphragme ce qui en limite la luminosité. Pourtant, c’est grâce à cette lunette rudimentaire que Jean-Louis Pons découvrira, quelques jours après la fabrication de la lunette astronomique, sa première comète, le 11 juillet 1801.

Malgré un record à son actif, Jean Louis Pons reste méconnu

Plaque ancien Observatoire de Marseille {JPEG}
La comète que découvre Pons en 1801 n’est que la première d’une longue série. S’il reçoit le prix Lalande pour sa découverte, l’homme en observera 37 en tout, parmi lesquelles 23 à Marseille. Il découvrira notamment 5 comètes en l’espace de 8 mois seulement ! Jean-Louis Pons détient, encore aujourd’hui, le record mondial de découverte des comètes.
Si l’homme a compté dans le domaine de l’astronomie, il n’est pourtant pas reconnu à sa juste valeur. En effet, seulement 2 des 37 comètes qu’il a découvertes portent son nom. De plus, une plaque en son hommage (apposée sur la façade de l’ancien observatoire des Accoules) a été réalisée avec de multiples erreurs : Jean-Louis Pons n’a pas découvert des planètes mais bien des comètes, dont 22 à partir de 1819.

Une ascension qui fait jaser

PNG Suite à ce grand nombre de découvertes de comètes, le Bureau des Longitudes, qui lui avait déjà remis un prix en 1801, le propose au poste d’astronome adjoint en 1813. La même année, un décret impérial officialise sa promotion mais provoque aussi la jalousie et les médisances du Baron de Zach qui ne comprend pas comment Pons, qu’il qualifie de balayeur, a pu obtenir un tel poste.

Jean Louis Pons et ses comètes périodiques

Alors que l’on connaissait seulement la comète de Halley comme étant périodique, Pons en découvre de nombreuses autres au cours de sa carrière, dont deux en 1818.
Encke prouvera un an après sa découverte que la comète de Pons « 1818a » revient tous les trois ans et quatre mois. En 1928, c’est Crommelin qui démontrera que la comète « 1818b » a une période de 28 ans.
Sur 37 comètes découvertes par Pons, 28 ont une orbite parabolique et 6 ont des orbites elliptiques.

PNG

Les récompenses et promotions de Jean Louis Pons

Comète Pons {PNG}Au cours de sa carrière d’astronome, Pons reçoit des récompenses et voit son travail valorisé. Il reçoit notamment un premier prix en 1801 pour la découverte de sa première comète : le Prix Lalande. En 1824, il reçoit aussi la médaille d’argent de la Société Astronomique Royale d’Angleterre alors qu’Encke avait reçu la médaille d’or pour son calcul sur la comète périodique découverte par Pons.
De plus, Jean-Louis Pons est nommé deux fois directeur d’observatoire en Italie. Marie Louise de Bourbon le nomme, en 1819, directeur de l’observatoire de La Marlia à Lucques, en Toscane. Il devient alors officiellement « Astronome royal de sa majesté, directeur du département astroscopique de l’observatoire, professeur émérite du lycée royal » et y découvrira le jour même de son arrivée une comète !
En 1925, Jean Louis Pons accède à la place de directeur de l’observatoire de Florence grâce au grand duc de Toscane qui lui en offre la direction. Il y découvrira 7 comètes avant que sa vue ne soit altérée par une maladie.

Les hommages à Jean-Louis Pons

Jean Louis Pons, astronome de génie, meurt à Florence en 1831, à l’âge de 70 ans. Il reçoit en 1855 les hommages d’Arago, l’astronome-physicien français, qui le qualifiera de « plus célèbre dénicheur de comètes dont les annales de l’astronomie aient eu à enregistrer les succès ».
Aujourd’hui, c’est Georges Reynaud et Yves Davin, respectivement enseignant-chercheur retraité de l’Université de Provence et Vice-président du comité « Vieux Marseille », qui voudraient rendre hommage à ce Marseillais méconnu en donnant son nom à la traverse qui relie la place Rafer à l’observatoire de Marseille-Longchamp. La commission des noms de rue de la Ville de Marseille vient d’entériner ce choix et a proposé de la baptiser « Allée Jean-Louis Pons ».

Lunette dite de Pons - Le film
Intervenant scientifique : Michel Marcelin
Durée : 4mn 26
Francis Clancy

« La beauté du ciel méridional, les yeux pénétrants de Pons et surtout son zèle infatigable, avaient donné à l’observatoire de Marseille une réputation européenne », Arago, 1855.