Inscription Administrative

Inscription ou réinscription OSU Institut Pythéas

Inscription Administrative (IA) pour les Masters de l’OSU Institut Pythéas - Master SET & Océanographie Mis à jour le mardi (...)

Christelle Rossin

Responsable du service Mécanique du Laboratoire d’Astrophysique de Marseille.

Interview réalisé début août 2014, peu de temps avant le départ de Christelle Rossin pour Clermont-Ferrand.
Ce texte a été réalisé par l’équipe communication de l’OSU Pythéas à partir de la captation sonore de l’interview de Christelle Rossin.

Découvrez cette interview dans son format audio...

MP3 - 3.6 Mo

Présentez-vous ainsi que votre environnement professionnel…

Je m’appelle Christelle Rossin, je suis responsable du service Mécanique du Laboratoire d’Astrophysique de Marseille. Ce service, divisé en trois entités est composé de 19 personnes.

Il y a deux entités Bureau d’Etudes. Une première regroupe une équipe d’assistants ingénieurs et de techniciens, chargés de la conception ; la seconde, formée d’ingénieurs est chargée de travailler sur les architectures optomécanique et la gestion des projets.
Une troisième entité, qu’on appelle AIT pour Assemblage, Intégration et Tests est responsable de la réalisation mécanique et de l’intégration en salle blanche. Ses agents participent également à la mise en place et au déroulement des tests (vibration et vide/thermique).Les activités du service mécanique sont bien sûr liées aux activités du LAM. On y conçoit, étudie, spécifie, fabrique, assemble, teste des systèmes et sous-systèmes d’instruments qui seront montés sur des télescopes sol ou spatiaux.
La démarche part la plupart du temps d’un schéma optique fourni par le service optique du laboratoire. Autour de ce schéma, on doit créer et positionner les supports des miroirs ou des lentilles qui constituent cet ensemble.
On réalise également des calculs de dimensionnement de manière à vérifier que ces supports ne vont pas subir de déformations ou de contraintes trop importantes au moment du décollage de la fusée dans le cas d’un télescope spatial ou pour atténuer les effets d’un séisme dans le cas d’un instrument sol implanté par exemple au Chili. Nous prenons aussi en compte les problèmes thermiques qui peuvent être très importants dans l’espace.
On utilise un logiciel de CAO (conception assistée par ordinateur) ainsi que des logiciels de calculs de structure, qui nous permettent de réaliser une maquette en 3D de ces systèmes ou sous-systèmes d’instruments.

Quel cursus universitaire avez-vous suivi ?

En 1989, j’ai obtenu mon BAC C (Mathématiques et Physique). J’ai ensuite intégré le lycée Carnot à Dijon en classe préparatoire aux écoles d’ingénieurs. Au terme de trois années (j’ai redoublé ma deuxième année), je suis entrée à l’Institut Polytechnique de Sévenans devenu depuis l’Université Technologique de Belfort-Montbéliard (UTBM), petite sœur de l’UT de Compiègne. Durant trois ans, j’ai fait une formation en génie mécanique, avec option thermo-mécanique des matériaux et des systèmes.

Vues du grism d'EUCLID {JPEG}

Pourquoi avez-vous choisi de devenir ingénieur ?

Cela remonte peut être à mon enfance ! J’ai beaucoup joué avec des garçons à des jeux de construction, dont les Legos, aussi avec des voitures et on avait un circuit de train à la maison... Je me suis très vite intéressée au fonctionnement des choses, notamment à celui des machines et cet attrait pour la mécanique était lié à celui pour les ma-thématiques et la physique. Lorsque j’ai obtenu mon baccalauréat, je ne savais pas vraiment ce que je souhaitais faire et j’ai décidé de continuer en « prépa » pour me donner 2 ans de réflexion supplémentaires. L’aéronautique m’a attirée mais je n’ai pas réussi les concours d’écoles d’ingénieurs comme SUPAERO. J’ai finalement choisi la filière génie mécanique et la conception. C’est ainsi que je me suis retrouvée au LAM, à travailler non pas pour l’aéronautique mais pour le spatial…

Qu’aimez-vous dans la science ?

Dans mon activité, j’aime l’idée de pouvoir lier la technicité aux découvertes scientifiques et à la compréhension du monde. Dans la science en général, je suis ouverte et il serait plus facile de dire ce que je n’aime pas ! Mon plus grand plaisir est avant tout de concevoir.

Photographie du protoprisme d'EUCLID (équipé de ses capteurs) fixé sur son interface de vibration, elle-même fixée sur le pot vibrant au LAM.

Qu’est-ce que vous faites au quotidien ?

Je vais essayer de vous décrire une de mes journées de travail en tant que responsable de service mécanique. Lors-que j’arrive le matin, ma première activité est de lire mes mails et de répondre à ceux urgents. Ensuite, j’essaie d’aller rencontrer tous les membres du service et je m’efforce de voir chacun au moins une fois par semaine, pour discuter de son activité, valider un travail et m’assurer qu’il n’a pas de souci particulier. Notre activité est avant tout un travail d’équipe, on est sur de gros projets et on a souvent des réunions pour définir le travail ou le valider. Il faut ensuite faire les comptes rendus de ces réunions, il faut aussi prendre des décisions d’un point de vue technique. Je suis aussi, en plus de responsable du service, actuellement fortement impliquée dans la conception d’un des composants du projet EUCLID. En fonction des spécificités requises, je dois faire des calculs de structures, du dimensionne-ment, je vérifie que le grism d’EUCLID va bien supporter les vibrations dues au décollage de la fusée et qu’il ne va pas subir de dommages liés aux cycles thermiques. Cela implique la rédaction de documents dans lesquels j’explique les types de calculs que j’ai fait et les résultats obtenus. Ces documents sont envoyés au consortium de laboratoires avec lesquels on travaille pour montrer que le composant que l’on va fournir correspond bien aux spécificités de-mandées.

Quels sont vos projets personnels pour 2014-2015 ?

Pour moi, 2014-2015 est une année de changement : je vais quitter, début septembre, le LAM. Mon mari a eu une opportunité professionnelle du côté de Clermont-Ferrand. J’ai réussi à trouver un laboratoire qui m’accueille au sein de l’INSU à Clermont. Un accord passé entre le LAM et ce laboratoire va me permettre, au moins pendant les deux prochaines années, de continuer à travailler à 80% sur EUCLID pour terminer la partie du sous-système d’EUCLID sur lequel « je planche », à savoir la mécanique du grism. Je vais aussi découvrir un autre monde, celui de l’OPGC, l’Observatoire de Physique du Globe de Clermont-Ferrand pour lequel je vais travailler à 20%. A terme je m’investirai à temps plein dans ce laboratoire.

Exemple de comparaison entre les réponses obtenues par prédiction (logiciel de calcul par éléments finis Nastran - courbe rouge) et par essai de vibration (réel - courbe bleue) {JPEG} Autre exemple : essai random (vibration aléatoire) – comparaison calcul / essai pour le même capteur {JPEG}

Sur un volet plus personnel, pourriez- vous parler d’un livre, d’un film ou d’une visite que vous avez particulièrement aimé ?

Liée à la science, une visite qui m’a beaucoup marquée est celle du Palais de de Découverte lorsque j’avais une vingtaine d’années. J’ai trouvé cela extrêmement intéressant, notamment parce que j’y ai trouvé quelques réponses à certaines de mes questions sur le « comment marchent les choses ? ». Au niveau des livres, je parlerai plutôt d’un auteur. En ce moment, je lis beaucoup Ken Follett, auteur anglais contemporain qui écrit beaucoup de romans sur la Seconde Guerre Mondiale et le XXe siècle. Il a aussi écrit des romans historiques et je trouve ces lectures intéressantes, bien romancées et avec de bonnes intrigues. J’attends son dernier ouvrage avec impatience !

Interview Christelle Rossin pour le film "Les artisans de l’Univers"