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Interview Métiers de Science

Aurélie Pénin

Chercheur en Astrophysique au LAM

Présentez-vous ainsi que votre environnement professionnel

Je m’appelle Aurélie Pénin, j’ai été Docteur en Astrophysique au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (LAM) jusque fin janvier 2014 et maintenant à University of KwaZulu-Natal, Durban, en Afrique du Sud. Dans les deux cas, j’ai travaillé dans les équipes Cosmologie. La thématique est l’’étude de l’Univers dans son ensemble, notamment son évolution, de quelques centaines de milliers d’années après sa “naissance” à aujourd’hui, d’un point de vue observationnel (via les galaxies ou le fond diffus fossile) et d’un point de vue théorique.

Quel cursus universitaire avez-vous suivi ?

J’ai passé un Bac Scientifique suivi des classes préparatoires Physique-Chimie à Reims. J’ai ensuite intégré le magistère de Physique fondamentale de l’Université Paris Sud 11. C’est un parcours regroupant la troisième année de licence et les deux ans de master. J’ai passé l’année de M1 en Erasmus à Glasgow et j’ai intégré le Master 2 Recherche d’Astrophysique et Astronomie d’Ile de France. Finalement j’ai fait ma thèse de doctorat à l’Institut d’Astrophysique Spatiale à l’Université de Paris Sud 11.

Pourquoi avez-vous choisi de devenir chercheur ?

J’ai choisi jeune, je devais avoir 13 ou 14 ans. Ma discipline, l’astrophysique, est de celles abordables dés le plus jeune âge, tout simplement par le biais de belles images, aucun besoin d’avoir de quelconques connaissances scientifiques. Mon environnement familial y a sans doute été pour beaucoup, mon père est passionné d’astronomie amateur et dés que j’ai été en âge de regarder dans l’oculaire de sa lunette astronomique je me suis retrouvée face aux anneaux de Saturne au fond du jardin de la maison de famille. Il m’a aussi mis dans les mains ses vieux albums de Tintin, évidemment “Objectif Lune” et “On a marché sur la Lune” un peu près à la même époque. Finalement j’ai fini par demander à mes parents comment faire pour travailler dans ce domaine, ils sont tous les deux professeurs de mathématiques au lycée et connaissent bien les parcours scolaires universitaires. A l’époque je n’avais qu’une idée floue de ce qu’était le métier de chercheur outre ce que l’on en voit dans les films, avec le recul, clairement erronée, mais qu’importe, je voulais étudier "ce que l’on a au-dessus de la tête”. Avec le temps et notamment à partir de mon arrivée à l’Université où j’ai fait des stages de recherche et où certains de mes professeurs étaient astrophysiciens, mes idées se sont éclaircies, ça m’a plu, j’ai continué.

Qu’aimez-vous dans la science ?

Une réponse courte est apprendre constamment, mettre mon travail dans un contexte toujours plus général. Comme dans tous les domaines de la physique, il existe différentes thématiques que l’on présente souvent comme indépendantes. Seulement elles sont toutes plus ou moins intimement liées et il est passionnant de comprendre ces liens et de se construire une image globale de l’Univers. Le cœur du métier de chercheur est de dévoiler l’inconnu. J’adore ce moment où on a de nouveaux résultats, étonnants ou pas, après des mois de travail. Vient ensuite le temps de l’interprétation de ces résultats et je ne me lasse pas de discuter de la vie des galaxies et de l’Univers.

Que faites-vous au quotidien ?

Mon quotidien est bien plus prosaïque que ma réponse à la question précédente peut le laisser penser. Je fais de la modélisation, on peut résumer cela par des longs calculs sur des gros ordinateurs. Je passe donc une grande partie de mon temps à écrire des programmes informatiques et à y corriger des erreurs. Seulement le métier de chercheur n’est pas seulement de faire de la science seul, mais aussi d’en discuter avec d’autres chercheurs. C’est un travail d’équipe et il est rare de travailler seul. Chacun apporte son expertise et ses connaissances. C’est comme cela que la recherche avance efficacement. On diffuse ensuite nos résultats via des publications dans des revues scientifiques, une autre partie de mon temps est justement de rédiger ces articles. On les diffuse aussi dans des conférences qui regroupent régulièrement les spécialistes internationaux d’un domaine.

Quels sont vos projets professionnels pour 2014-2015 ?

Pour le moment je n’ai pas de poste permanent dans la recherche publique, je fais ce que l’on appelle des post doctorats depuis la fin de ma thèse, il y a près de 3 ans. Ce sont des contrats, en général de 2 ans dans des laboratoires partout dans le monde. J’ai travaillé à Marseille et depuis quelques mois je suis en Afrique du Sud où je continue mes travaux de recherches et où je travaille sur de nouvelles thématiques avec mes nouveaux collègues tout en gardant mes collaborations avec mes collègues précédents. Pourquoi l’Afrique du Sud ? Ces postdocs sont, en plus de toute considération professionnelle (qui est la raison principale du choix d’un postdoc), une occasion d’aller découvrir le monde et d’avoir une vie différente de celle que l’on a en Europe. Des safaris pendant les week-ends et du soleil toute l’année, pourquoi pas ! J’y reste encore un an et demi.

Sur un volet plus personnel, pourriez-vous en 4 ou 5 lignes parler d’un livre, d’un film, d’une visite que vous avez particulièrement apprécié.

J’ai fait la plupart de mes études à Paris au sein de l’Université Paris Sud 11 mais aussi de l’Observatoire de Paris, dans ce cadre, et même encore maintenant, j’ai eu régulièrement accès à la vieille lunette astronomique (elle date de 1850) sur le toit de l’Observatoire de Paris, à Denfert-Rochereau. La vue du toit est fantastique et la lunette à un charme fou !

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Figure 1

Une image d’une des plus grandes simulations d’Univers. On y voit la structure de la matière dans l’Univers.

Crédit : brunohenriques.pbworks.com