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Astronomie : Être ou ne pas être la Neuvième planète...

Entretien avec Olivier Groussin par Christine Letellier de DestiMED à propos de la découverte d’une 9e planète.
Après l’enthousiasme qui a suivi l’annonce de la découverte d’une 9e planète par une équipe d’astronomes américains, le temps est venu de relativiser un peu les choses. Les astrophysiciens étant les premiers à vouloir temporiser cette grande nouvelle partie plus vite qu’une comète !! Alors où en est-on exactement ? Que sait-on de cette 9e planète ? Faut-il déjà l’inscrire dans les manuels scolaires ? Ou, ce qui me semble plus raisonnable, laisser la parole à des astrophysiciens .

Intervenant

Chercheur au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (LAM) OSU Pythéas (CNRS/IRD/AMU) l’astronome Olivier GROUSSINexplique comment, à partir des outils performants dont disposent les astrophysiciens depuis une vingtaine d’années, par des modèles mathématiques, des simulations par ordinateur de grands pas en avant ont été possibles en différents domaines, notamment comme c’est le cas ici en matière de planètes.

Destimed : Que sait-ton exactement de cette 9e planète ?

Olivier Groussin : D’abord une précision s’impose, il ne s’agit pas de la découverte d’une nouvelle planète puisque personne n’a pu encore l’observer mais les astronomes disposent à ce jour de suffisamment d’éléments convergents pour supposer son existence.
Elle aurait une masse d’environ dix fois celle de la Terre, serait située à 200 unités astronomiques du soleil contre 1 unité pour la nôtre (soit 200 fois plus loin du Soleil que la Terre) et aurait un diamètre de deux à quatre fois supérieur à celui de notre "planète bleue".
Par des calculs mathématiques et les connaissances acquises, notamment depuis les années 1990, de ce que nous appelons les "Objets Transneptuniens", on peut la situer sur une orbite vingt fois plus éloignée que celle de Neptune, laquelle évolue déjà autour du soleil à une distance d’environ 4,5 milliards de kilomètres ce qui en fait la plus éloignée du système solaire, la dernière avant Pluton qualifiée elle de planète naine. Un terme que l’on emploie depuis 2006 afin d’éclaircir la classification des objets orbitant autour du Soleil.
A ce jour, cinq objets sont reconnus comme planètes naines : Cérès, Pluton, Hauméa, Makémaké et Éris.

Vous évoquez le rôle de l’observation désormais plus précise des Objets Transneptuniens dans cette "découverte" d’une 9e planète. Simple question : mais que sont ces objets ?

Ils sont situés au-delà de Neptune. D’où leur nom. A ce jour, nous en avons observé un millier environ. Ce sont des corps glacés de quelques dizaines à quelques centaines de kilomètres de diamètre. Pour la glace détectée en surface, il peut s’agir de glace de méthane, de glace formée à partir d’eau, de glace d’azote. Récemment, six d’entre eux ont particulièrement attiré l’attention des astronomes, notamment Sedna (en 2003) - dont la surface est l’une des plus rouges du Système solaire- qui est d’un diamètre d’environ 1 000 kilomètres, sa distance au Soleil étant de l’ordre de 12,9 milliards de kilomètres, ce qui fait près de trois fois celle de Neptune.

Cela dit, en quoi l’identification de Sedna plaiderait-elle en faveur d’une 9e planète ?

Sedna en lui-même ne plaide pas en faveur de la 9e planète. Mais on s’est aperçu que cinq autres objets présentaient des similitudes orbitales avec Sedna, fait remarquable. D’où l’hypothèse émise par ces chercheurs de l’existence d’une Planète (par le jeu des attirances si l’on peut dire) qui aurait en quelques sortes groupé ces objets. On peut dire aujourd’hui que celle qui pourrait être la Neuvième planète évolue autour du soleil à une distance moyenne de 4,5 milliards de kilomètres. Elle est très lente ce qui lui prend pour exercer une orbite elliptique complète entre 10 000 et 20 000 ans. Faisant dix fois la masse de la Terre, c’est une planète de type gazeuse, proche de Neptune.

Alors à quand le prochain épisode... ?

La recherche est faite de progrès qui permettent d’avancer toujours plus loin. Et souvent dans des directions que l’on n’attendait pas. La mise en place de l’ ELT - Europeen Large Telescope - qui est en construction au Chili permettra d’avoir des observations très profonde et donc pourquoi pas de détecter cette planète si l’hypothèse de son existence se confirme prochainement. Dans l’immédiat, pas de changement, notre système solaire ne compte officiellement que 8 planètes.

Propos recueillis par Christine Letellier

Voir en ligne : DestiMED